Démocratie et communs


Les communs, une forme démocratique de l’action productive

Venons en maintenant au sens concret de ce chapitre. En effet, pourquoi parler en premier lieu de démocratie dans un mémoire consacré aux communs. Le lecteur avisé aura compris que la notion de démocratie nous aide à situer les communs à la fois comme état micro-institutionnel (ce que considère la théorie des communs moderne ainsi que nous allons le voir) mais aussi comme un ensemble de valeurs proches de l’état démocratique. Les communs sont des formes d’organisations qui se distinguent de l’état et du privé, ils se situent au même niveau d’organisation de la vie. Ils sont collaboratifs, ils ont tendances à s’associer pour grandir tout en gardant la singularité propre aux unités. Ce faisant, ils développent une grande complexité institutionnelle lorsqu’ils sont vastes et imbriqués les uns dans les autres. Par exemple Coopanam, une mutuelle de travail associé, est une coopérative qui emploie des freelances à la manière d’une société de portage, mais dont la mutualisation des profits individuels permet de supporter les coûts de fonctionnement et d’investissement. Cette coopérative parisienne s’est associé à d’autres en région :

« SMartFr, Coopaname, Oxalis, Grands Ensemble et Vecteur Activités s’associent pour donner naissance à la première mutuelle de travail associé, Bigre ! C’est une première : quatre SCOP et une SCIC ont décidé de s’unir et construire une entité commune de 7 000 personnes, présentes partout en France au travers de 25
établissements. »

source : http://www.rhone-alpesolidaires.org

L’organisation des communs appelle à comprendre les ensembles et les sous-ensembles comme imbriqués les uns dans les autres comme des système proches de ceux que le peer to peer nous les montrent. Cette question d’organisation pose celle de sa représentation, mais aussi du système organisationnel qui en découle, des règles de vie collective, de la manière dont celles-ci sont établies, des droits et des devoirs de chacuns ,etc. Bref, les communs, en tant que système institutionnel, sont soumis à des règles de gouvernance.